Épisode 16

Isaac Asimov; des robots à la psychohistoire

Cette semaine à l'émission, nous analysons l'oeuvre du grand auteur de science-fiction à l'imagination débordante, Isaac Asimov. Quelle est la philosophie de ce penseur sceptique à la fois critique du progrès technique et de la nostalgie excessive de l'adulation du passé. De plus PJ vient nous parler des fameuses étoiles à neutron.

Isaac Asimov sur Throne
Issac Asimov un auteur inspiré

Isaac Asimov ce n'est pas que les robots

On parle souvent d'auteurs comme Bradbury ou Orwell considéré à juste titre comme des écrivains de science fiction prophétiques pouvant expliquer les dérives actuelles de nos sociétés, qui n'a jamais entendu parler de « Big Brother » ? Mais on a quasiment jamais entendu parler d'Isaac Asimov comme pouvant décrire en partie nos problèmes, un peu comme si son œuvre n'avait été finalement que de la science fiction de qualité certes, mais juste bonne à distraire le publique. Comme si rien dans ces livres ne pouvait servir de réflexion.

Fondation


Asimov a su critiquer le progrès sans pour autant tomber dans le piège de la nostalgie excessive ou de l'adulation du passé. Dans bien des domaines il devançait les écologistes actuelles et les chantres de la décroissance. Il a bien vue notamment le rôle fondamentale de la croyance et de l'idolâtrie dans l'histoire humaine. Il a su très tôt que le progrès, telle que l'humanité le concevait depuis l'époque des lumière, allait se fracasser sur le mur de nouvelles religions que lui même allait engendrer. Et que le progrès lui même était devenue une forme de religion. Asimov était athée, dans le bon sens du terme, il n'avait pas remplaçait son dieu par un autre, ou par une chose ou un concept new-age quelconque.

Nous devrions vivre aujourd’hui une grande aventure spatiale, stimulant notre esprit de découverte, créatrice d’emplois qualifiés et portant notre espérance au-delà des horizons connus. Notre pensée devrait être occupée à explorer, à rendre habitable et à industrialiser ce à quoi des centaines de générations passées ont rêvé.

Les robots


Le cycle des robots

La première partie du cycle décrit l'arrivée des robots dans un futur proche la période allant de 2000 à 2070 environs et décris l'impact de ces derniers sur les sociétés humaines à travers diverses anecdotes et aventures.

Il renouvelle complètement ce thème en inventant des « robots positroniques » gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains et, a priori, parfaites et inviolables. Le jeu d'Asimov consiste à imaginer des situations révélant des failles de ces lois (exemple : un robot peut-il, restant passif, laisser un humain fumer une cigarette ?) et des bizarreries de comportement de robots qui semblent les enfreindre, puis à faire découvrir au lecteur comment cela est possible, à la manière d'une enquête policière.

Les trois lois sont:

Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Deux robots exceptionnels, R. Daneel Olivaw et R. Giskard Reventlov, en viennent à ajouter une Loi Zéro, qui stipule qu'un robot ne peut porter atteinte à l'humanité dans son ensemble, même pour protéger un être humain : Un robot ne peut ni nuire à l'humanité ni, restant passif, permettre que l'humanité souffre d'un mal. Cette loi est apparue dans Les Robots et l'empire (chapitre LXIII).

La psychohistoire

La psychohistoire est un concept très intéressant fondé sur les grands nombres, grâce au recule historique de l'humanité Hari Seldon a trouvé un moyen de prédiction très réaliste des événements historiques à naitre. Il a en quelque sorte réussit à prédire l'histoire, et ce grâce à la très longue expérience humaine qui rend ses équations valides d'un point de vue stochastique. Et son problème c'est qu'il a prédit la fin de l'empire. Étant persuadé de sa fin, Hari Seldon va créé le projet Fondation visant à mettre en place une société capable de résister au temps et surtout de résister au chaos idée qui prend de plus en plus de place dans les dernières œuvres d'Asimov.

Au point d'ailleurs que Greg Bear réalisera un livre intitulé « Fondation et chaos »(1998) qui essayera de continuer l'œuvre du maitre de façon post-mortem, en clarifiant un peu ce que signifiait le chaos pour Asimov.

En fin le chaos telle que le voyait Asimov était le fruit du processus d'amélioration technique, il résulte du fait que la rapidité de l'évolution des mentalités est toujours plus lente que la rapidité du progrès technique. Pour Asimov le progrès technique engendre plusieurs problèmes, il peu enfermer certains individus dans un rejet total, phénomène réactionnaire, produisant de la haine et du ressentiment. Ce qui peut faire naitre une vague d'archaïsme violent au milieux d'une vague de progrès technique on pense tout de suite au fondamentalisme musulman ou chrétien par exemple, ou encore au cas de l'écologisme extrême.

Ici Asimov rejoint des intellectuels comme Jacques Ellul et son livre Les nouveaux possédés où ce dernier décrit bien les nouveaux paganismes du progrès. Prise en tenaille entre ces deux groupes d'humains notre espèce serait condamné soit au progrès chaotique et autodestructeur, soit à la stagnation sans fin, pour Asimov l'humanité actuelle est incapable d'engendrer un progrès raisonnable.


Source
Blog le bon dosage : Issac Asimov ce n'est pas que les robots

http://lebondosage.over-blog.fr/article-isaac-asimov-ce-n-est-pas-que-les-robots-43338842.html